2 posts tagged “femme au bord de la crise de nerf”
Ceci est mon dernier billet sur u-blog (et le mille deux-centième !)
Il va être long, une fois n’est pas coutume, en général je m’efforce d’être brève. Lecteur, tu es libre de survoler ou de fuir.
A vous de trouver un titre parmi les suivants ou d’en inventer un autre :
a) Je ne suis pas blonde
b) Question de point de vue
c) La drague au temps d’internet
d) SMS mode d’emploi
e) Chrysler et Dacia
f) Petite leçon sur la vanité
g) Le ridicule ne tue jamais
h)
**?
Les plus attentifs d’entre vous auront remarqué sur un billet de la semaine dernière un paragraphe intitulé « ma datcha et moi », que j’ai retiré très vite, le trouvant déplacé. Mais aujourd’hui, je vais vous raconter, d’autant que certains en ont déjà lu le début, cette palpitante histoire.
Depuis une dizaine de jours, je traîne une humeur inégale et morose liée aux diverses tracasseries, petites trahisons ordinaires et déconvenues d’une existence banale. Mon sens de l’humour est tombé au-dessous du niveau zéro.
Jeudi dernier, en rentrant le soir sur le parking du covoiturage, je découvre, collé avec soin sur mon rétroviseur avec de l’adhésif repositionnable, un petit billet disant « Bonjour vous êtes charmante. Chrysler » suivi d’un numéro de téléphone. Je ris beaucoup de la chose, et joue à deviner qui, croisé le matin, aurait pu déposer ce poulet* (qui n'est pas doré cependant). L’écriture ne colle pas du tout avec ce que j’imagine, ni le morceau d’enveloppe soigneusement découpé mais qu’importe. Heureusement que je ne suis pas DRH, si je reçois une lettre de motivation, aussi brève et falote soit-elle, j’ai du mal à refuser un entretien (j’ai dit un entretien). Le lendemain, je finis par envoyer un sms « Merci. Dacia ».
Non je n’attends pas que le prince charmant ou le génie de la lanterne soit caché derrière un arbre de Lalande un matin d’octobre, émerge de la Loire un beau soir de juillet, ou surgisse devant moi au sommet du Petit Vignemale. Il y a longtemps que le génie (mon préféré) et le prince charmant, ont rejoint le Père Noël qui ne passe plus, la petite souris qui n’est jamais passée, et le petit Jésus, dans le placard aux reliques enfantines. Mais la bloggeuse est joueuse, curieuse, et elle aime les rencontres. De fil en aiguille, Chrysler et Dacia conviennent de boire un café ensemble hier matin à 7h30, au bar le plus proche du parking. Ils communiquent uniquement par messages écrits sur téléphone cellulaire, ce qui m’aura permis au passage de donner un rendez-vous, -même lieu même heure-, à quelqu’un qui a presque le même numéro que le monsieur mais avec deux chiffres inversés, car, vous le savez, j’ai des soucis de symétrie et des problèmes de vue.
Hier matin donc, j’abandonne mes enfants plus tôt que les autres jeudis, je commande un grand-crème au café des sports et me plonge dans la contemplation béate de la Dépêche que je ne peux pas lire car je n’ai pas mes lunettes et il ne fait pas assez clair, donc je fais semblant. Il n’y a que des hommes dans les bars au petit matin ; je regarde de temps à autres les nouveaux arrivants, je m’attendris sur trois vieux messieurs qui se racontent leur vie et la peur d’être agressés chez eux par « des jeunes », j’admire la chemise rose d’un entrant qui ne semble pas être mon candidat, j’écoute les conversations, tout en jouant la fille qui est là pour passer le temps. Le bar, pour moi, est un théâtre. Neuf heures moins le quart, je quitte le café, un peu soulagée d’avoir pu rester seule.
A 11h entre deux cours je lis « j’étais au RV il n’y avait personne ». Bigre, me serais-je trompée de lieu ou d’heure ? J’envoie « Attendu jusqu’à 8h45 ». Une minute plus tard la réponse arrive : « Je suis entré dans le bar, pas de petite blonde, juste une dame au cheveu frisé, charmante » (A-t-il ajouté en réalisant que c’était très probablement à la dame en question qu’il s’adressait, il n’a que ce mot au bout des doigts !).
Alors là, un éclat de rire me prend, qui ne m’a pas quittée de la journée. A midi j’ai rappelé Chrysler pour lui demander comment il avait pu faire une telle erreur et déplorer qu’il n’ait pu trouver sa blonde. Et j’ai ri de plus belle : il avait collé le mot sur sa voiture à elle (il était garé près d’elle mais n’avait pas pu aller lui parler car il était au téléphone), et elle l’a placé sur ma datcha ! Je n’y aurais pas pensé !
Toute ma colère accumulée depuis des jours s’est envolée comme si l’on avait crevé un ballon de baudruche. Merci à cette petite blonde, qui a dû bien rire aussi de ce tour joué au dragueur des parkings et à la dame sur le retour.
Quant à Chrysler, sympathique au demeurant, nous avons échangé quelques mots de visu le soir et il s’est avéré que nous avons décidé au premier coup d’il et par accord tacite de ne pas poursuivre la conversation au delà des civilités d’usage. Je l’ai un peu questionné, il m’a dit que la méthode était généralement assez efficace. Il va falloir qu’il apprenne que Dacia est une marque de voiture, et peut-être devrai-je me fier à mon sens de la graphologie
Aujourd’hui je suis encore d’excellente humeur, ce petit intermède m’ayant permis de changer de point de vue.(Connaissez-vous ce qu’ a écrit Sartre sur le billet de cent francs ?).
Ce blog s’arrête momentanément en attendant que je déménage. Il ne sera plus accessible à partir du 22 octobre, mais je vais tenter de sauver toutes ces pages.
Vous pouvez me trouver sur « Les fantaisies ». Les caprices sont en lien là-bas, et si je les héberge ailleurs, j’y signalerai la nouvelle adresse.
Si vous préférez, je vous envoie un mail dès que j’ai une nouvelle adresse : il vous suffit de me le préciser en comm. ou en m’envoyant un mail à enn.airam(à)voila.fr (ou bien cliquer sur la petite enveloppe jaune), même sans message mais en indiquant « adresse caprices » comme objet.
Merci à toi lecteur fidèle ou volage.

*
**proposés par
Didier Goux : "le petit Jésus dans le placard"
Myrtille : "Poulet frit" (moi j'aurais plutôt dit "Poulet Grillé !"
"Blague de blonde"
J'ai souvent des soucis avec les appareils électro-quelque chose. Les deux combinés téléphoniques ALCATEL achetés en cinq ans sont tombés en panne, c'est pourquoi -j'ai renoncé à en acheter un autre pour le moment- vous ne pouvez me joindre sur ma ligne F****-T****** que lorsque ma livebox est éteinte, le reste du temps on peut m'appeler au numéro orange indiqué aussi dans l'annuaire électronique.
Mon réveil qui simule les chants d'oiseaux (non, pas la pendule oiseaux, fidèle au poste, kitsch, et dont je ne me lasse pas) ne fonctionne plus, peut-être faudrait -il que je change les piles.
J'ai un autre combiné téléphonique, Siemens, dont les affichages sont très très petits. Je l'utilise comme reveil en attendant mieux..
Ce matin le réveil sonne, je paresse une demi-heure puis me précipite hors du lit, réveille les enfants en grand branlebas de combat. F. file sous la douche, H. me dit qu'elle ne pourra jamais être attentive en classe avec aussi peu de sommeil, mais se lève assez vite pour boire son thé à la rose. Et là : "Maman, tu as vu l'heure ?
-Oui, sept heures et quart !
(J'ai aussi un souci avec la symétrie)
-Non, maman : cinq heures et quart..." On a vérifié partout, il était bien cinq heures...
Alors je voudrais que l'on m'explique : ce combiné se met à l'heure automatiquement lorsqu'on le pose sur sa base. Pendant six mois rien à signaler, et depuis cet été, il s'est mis à l'heure solaire, avec deux heures de décalage. Pas de problème, je règle la sonnerie à quatre heures au lieu de six. Mais hier soir, allez savoir pourquoi, il était à l'heure NORMALE. Je ne m'en suis pas aperçue, car je le mets en route sans lunettes...il a donc sonné à quatre heures.
Nous nous sommes tous recouchés ; les rêves sur le matin après réveil intempestif sont intenses et colorés.